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Cotation AMI 1,2 et MAU : ce que j’ai compris avec l’expérience*

exemple d'une infirmière qui fait une piqure
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Sommaire

En tant qu’infirmier libéral, je me suis souvent interrogé sur les “petites” cotations. Celles qui paraissent simples sur le papier, mais qui peuvent très vite poser problème en cas de contrôle. L’AMI 1,2, souvent utilisée pour des pansements rapides, en fait partie. Et quand on y ajoute la MAU (Majoration Acte Unique), la mécanique devient encore plus précise… voire un peu piégeuse.

Je vous partage ici ce que j’ai appris sur le terrain, mais aussi en m’appuyant sur la NGAP actualisée, les fiches de l’Assurance Maladie et quelques retours entre collègues.

L’AMI 1,2 concerne les soins techniques simples et rapides
Elle peut être accompagnée d’une MAU si l’acte est unique
La MAU est incompatible avec d’autres soins ou majorations
Une facturation juste nécessite rigueur et documentation
En zone rurale ou DOM, des adaptations sont parfois possibles

AMI 1,2 : ce que recouvre réellement cette cotation

L’AMI 1,2 correspond à un acte technique rapide, prescrit et simple, facturable à 4,84 € (puisque 1 point AMI vaut 4,03 € actuellement). On l’utilise notamment pour :

Un pansement non complexe (sans infection, sans protocole spécifique)
Une aide technique comme un retrait de fil ou un nettoyage localisé
Une surveillance minimale sous prescription

Ce type d’acte est possible à domicile comme en cabinet, mais sa cotation reste très encadrée. Il ne faut pas le confondre avec des actes relevant d’un forfait (comme la surveillance d’un traitement chronique ou le suivi d’un patient dépendant).

La MAU : utile, mais jamais automatique

La Majoration Acte Unique (MAU) permet d’ajouter 1,35 € lorsqu’on effectue un seul acte lors d’une visite à domicile. C’est une façon de prendre en compte le temps de déplacement pour un soin isolé.

Concrètement, si je fais un seul pansement simple, ma facturation passe à 6,19 € TTC (AMI 1,2 + MAU). Mais attention : la MAU n’est jamais compatible avec d’autres majorations comme la MCI (Majoration de coordination infirmier) ou l’IFD (Forfait de Déplacement). Elle est aussi incompatible avec un deuxième acte ou une cotation cumulée.

La tentation est grande de l’ajouter “par réflexe”, surtout sur des soins très courts… mais la CPAM, elle, ne laisse rien passer.

Ce que je vérifie toujours avant de facturer

Pour éviter les erreurs, j’ai pris l’habitude de me poser trois questions : le soin est-il bien isolé ? Est-ce qu’il relève d’un acte technique et non d’un accompagnement ? Et aucune autre cotation ne s’y ajoute-t-elle ?

Je consulte aussi la base NGAP régulièrement mise à jour, accessible sur amelipro, et je m’assure que mon logiciel métier est bien agréé SESAM-Vitale. Cela permet d’éviter les cotations interdites ou obsolètes.

Quelques précisions issues de la NGAP 2024

Ce que j’ai remarqué en relisant attentivement la NGAP, c’est que certains soins qu’on pensait cotables en AMI ne le sont pas forcément. Un exemple fréquent : la prise de traitement médicamenteux orale. Si elle est encadrée par un protocole (insuline, anticoagulants, etc.), elle peut être cotée. Sinon, elle relève d’une surveillance ou d’un forfait global, et ne doit pas être cotée en AMI isolée.

Autre point important : la facturation au cabinet ne permet jamais d’ajouter la MAU. Cette majoration est strictement réservée aux soins à domicile pour prendre en compte le déplacement.

Ce que j’ai vu en pratique (et parfois corrigé)

J’ai déjà vu des collègues ajouter la MAU en pensant qu’elle était due dès qu’on faisait “peu de soins”. En réalité, le nombre d’actes ne suffit pas : il faut que le soin soit unique, que la MAU ne soit pas exclue par une autre cotation, et que l’acte soit conforme à la prescription.

Il m’est aussi arrivé de voir un rejet de paiement parce que j’avais codé un AMI 1,2 + MAU sur un soin considéré comme inclus dans un forfait dépendance. Depuis, je documente toujours mon acte : ordonnance scannée, commentaire dans le dossier, heure de passage.

Ce que je retiens pour mes tournées

Aujourd’hui, je n’utilise l’AMI 1,2 + MAU que quand toutes les conditions sont réunies. Cela m’évite les contrôles, les rejets, et surtout les mauvaises surprises en cas de vérification. Un bon logiciel, des habitudes rigoureuses, et une lecture régulière de la NGAP, c’est devenu ma routine.

Et franchement, même si c’est “juste” une cotation à 6 euros, bien faite, elle tient la route. Mal faite, elle peut me coûter beaucoup plus en temps et en crédibilité.

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